Nous voiçi dans notre section "je prends soin de mon matos". Pas très fun, mais très utile pour les maniaques et les casse-cous !
Les sections ci-dessous décrivent des opérations sur un snowboard. Vous pouvez les appliquer aux skis aussi.

• Farter et réparer la semelle
Affuter les carres
Entretenir ses beaux habits...
 

Par Brice Duhamel et Denis Bertrand
Avant de vous élancer sur les pentes enneigées, voici quelques petits conseils avec Jacko, l’ouvrier trois-huit du shop La Glisse de Grenoble, qui vous permettront d’arriver le premier en haut de la belle pente vierge que tous vos potes cherchent à vous piquer.

POURQUOI CA GLISSE ?
Contrairement aux évidences, ce n’est pas sur la neige que glisse la planche mais sur une fine pellicule d’eau.
Je vous explique : en avançant, la semelle de votre planche fait fondre la surface de la neige par frottements et par pression. Sans ce film d’eau de quelques microns, les cristaux de neige scotcheraient votre board au sol. C’est d’ailleurs ce qui arrive quand vous démarrez sur une neige très froide car le frottement n’est pas suffisant pour glisser. Suivant la température et l’humidité de la neige, la glisse va donc varier. Il est possible de l’améliorer, en faisant varier deux paramètres : la structure de la semelle et le type de fart.

LA STRUCTURE DE LA SEMELLE
L’idée qu’une bonne semelle doit être lisse comme un miroir est archi fausse. Cette surface parfaite ne permettrait pas l’échauffement indispensable à la formation de la pellicule d’eau. Pire, même si vous arriviezà créer ce film liquide, ce type de semelle ferait systématiquement ventouse, comme on le constate parfois sur les neiges très mouillées.
La solution consiste à structurer la semelle en la couvrant de micro rainures. C’est en général au papier de verre monté sur de grosses ponceuses à bande que les fabricants fignolent les semelles.
Cette méthode simple donne une structure au comportement correct quelles que soient les neiges mais a tendance à laisser des micros copeaux de plastique appelés “peluches”.
Les semelles des boards haut de gamme sont finies à la pierre, ce qui évite ce problème et permet de varier la taille des rainures. Un peu à la manière des sculptures d’un pneude voiture, les grosses rainures évacuent la pellicule d’eau plus vite sur les neiges chaudes.
Pour les neiges froides plus aérées, la structure est bien plus fine, avec des arêtes agressives pour garder le peu d’eau qui se forme. En tout cas, il est toujours possible de reprendre une structure avec du papier de verre ultra fin. Ensuite il est impératif de farter à chaud.

LE FARTAGE
La structure de la semelle d’un snowboard ne correspond pas à toutes les neiges ; le fart est là pour corriger tout ça. Ce corps gras a d’abord un effet chimique dit hydrophobe qui repousse l’eau et aide à glisser. Il a aussi un effet mécanique en modifiant le contact avec la neige. Le fart pour neiges mouillées est moins dur que pour les neiges froides. Enfin et ce n’est pas la moindre de ses qualités, le fart a un effet protecteur.
Une semelle soumise à l’abrasion de la neige finit par pelucher, c’est-à-dire qu’au microscope elle ressembleà une grosse moquette en Poiltex ; à l’œil, la semelle a blanchi.
Une semelle périodiquement nourrie au fart conserve d’autant plus sa structure d’origine et glisse parfois mieux qu’au début. Ça va énerver votre pote que vous glissiez mieux avec votre vieille David Vincent 1997, qu’avec sa toute nouvelle Salomon super structurée…
Le matériel indispensable :
Un atelier....
Du défartant : Da Kine, Red ou du trichlo mais ça graisse un peu la semelle, en plus de la bouffer.
Du fart à chaud : Red, Sex Wax.
Un fer à farter : Bakoda, Red, fer de grand-mère...
Un racloir en plastique : Red, bout de Plexiglas bien affûté...
Une brosse mi-synthétique, mi-métal : Red, tampon jex.
Du papier de verre n°0 à l’eau.
Une cale en liège (6 x 10 x 2 cm) pour tenir le papier de verre ou le tampon jex.
Comment ça marche ?

NETTOYER
Une semelle retient les poussières, le goudron et les restes de vieux fart. Pour les ôter, on commence par utiliser le racloir, puis la brosse ou le tampon jex. Si c’est encore sale, on peut dissoudre les corps gras avec du défartant, mais le mieux est d’effectuer un fartage à vide, en passant le fer chaud sans fart sur la semelle pour faire dégorger l’ancien fart. On racle vite avant que ça ne refroidisse. On peut éventuellement finir en passantà la main un papier de verre à l’eau ultra fin (n°0) tenu sous la cale plate pour améliorer une structure médiocre.
Il faut poncer de la spatule au talon sans dévier pour que les rainures soient longues et dans l’alignement.

FARTER
Le seul fartage qui va nourrir votre semelle et durer plus d’une journée est le fartage à chaud, qui pénètre dans la porosité de la semelle. Celui à froid où l’on passe un fart liquide ou en crayon sert d’appoint et pour une courte durée.
1 Réglez la température du fer. Le fart doit fondre mais ne doit pas fumer. Sur les fers spécial fartage, la
température est déjà réglée.
2 Préchauffez la semelle avec le fer pour en dilater les pores et faciliter l’absorption du fart.
3 Faites fondre le fart sur le fer au-dessus de la semelle. Ce n’est pas la peine d’en mettre trop, la semelle en absorbe très peu.
4 Étalez lentement avec le fer dans le sens longitudinal. Le fart en spatule doit rester liquide quand vous arrivez au talon.
5 Laissez durcir au froid une vingtaine de minutes.
6 Raclez la board avec un racloir en plastique jusqu’à retrouver la semelle. Un racloir en métal serait trop agressif pour la structure de la semelle.
7 Finissez d’enlever le surplus de fart avec une brosse non métallique, en passant sur toute la longueur, pour faire ressortir la structure.

LES PLUS
Certaines gammes de fart permettent d’affiner la préparation en fonction des températures de neige très précises.
Pour ne pas trop vous prendre la tête, choisissez plutôt un fart de type atelier, à grande plage d’utilisation.
De plus, il vaut mieux un fart chaud sur une neige froide qu’un fart froid sur une neige chaude.
Pensez à garder un bout de “0°C“ dans la poche pour corriger à froid.

AFFUTER SES CARRES
Par Brice Duhamel et Jacko

Farter, réparer, boucher les trous… grâce aux bons conseils de notre Jacko, vous allez pouvoir abandonner les études et vous recycler en skiman. A vous les hordes de vacanciers pressés, les clients récalcitrants et le grand amour avec la ponceuse et la farteuse.
Pour finir cette formation de rat d'atelier niveau 1, voici les instructions du blondinet rouge pour transformer votre board en coupe-jambon de compétition, aussi appelé l'affûtage.

LE MATOS
Bien que le matériel requis pour l'affûtage ne soit pas très complexe, il convient néanmoins de faire attentionà quelques détails. Il vous faut donc :
- Des limes de deux grosseurs, une grosse pour débuter et une fine pour peaufiner.
Leurs stries doivent être dans le même sens et non croisées. Oubliez le rayon bricolage de Casto et achetez-les en surfshop pour une fois.
- Un guide lime, c'est une équerre avec un système de maintien de la lime qui permet de régler l'angle d'affûtage.
Une cornière en alu peut aussi faire l'affaire, à condition d'avoir de la poigne pour tenir la lime.
- Une pierre à aiguiser qui vous servira à tomber le fil des carres.
- Une pierre au diamant qui vous permettra de finir vos carres en beauté et de faire croire à tout le monde que vous avez des diams plein les poches…
- Des étaux pour snowboard ou un système pour bloquer votre planche sur la carre. Deux tasseaux cloués sur une planche, c'est pas mal aussi.
On vous conseille aussi la trousse d'entretien Red qui est très complète ou chez Bakoda vous avez aussi un kit d'entretien, qui mise plus sur la polyvalence (fartage + affûtage).

LE PRICIPE DES CARRES
Les carres sont ces deux trucs en métal sur le bord de votre planche. J'espère seulement que vous vous en doutiez déjà, sinon c'est pas gagné pour la suite. En plus de servir à tuer la bête qui veut voler votre Peugeot 106 Quiksilver (cf. la pub télé), elles évitent d'avoir l'impression d'être debout sur une savonnette au sortir de la douche.
Plus elles sont affûtées, plus elles accrochent la neige et meilleure sera votre tenue. Mais attention, il ne faut pas que l'arête soit dentelée comme un couteau en plastique. Lorsque la planche essaye de mordre, ces petites “dents” accumulent la neige et font sortir la carre de sa trajectoire. Attention aux marques d'amour des cailloux sur vos carres.
Un affûtage standard se fait à un angle de 90°, sauf si vous voulez faire de la compète ou de la cascade de glace.
Vous pouvez leur donner un angle d'affûtage moindre à l'aide d'un guide lime réglable. L'accroche sera plus précise, mais l'angle de la carre plus fragile.

BIEN UTILISER SON MATOS ET DANS LE BON ORDRE
Avant tout, il faut tenir la lime dans le bon sens, c'est-à-dire comme l'homme (toujours la queue vers le haut) et toujours en tirant vers soi. Elle doit former avec la carre un angle entre 30 et 45° et être nettoyée souvent avec une brosse métallique. Toujours effectuer l'affûtage dans l'ordre suivant : pierre / grosse lime / pierre / petite lime / pierre / diamant.
La pierre sert à enlever les petits copeaux de métal qui se forment quand vous passez la lime, qui s'appellent le fil.
J'explique : plus la lime accroche à l'affûtage, plus elle chauffe la carre. Plus elle la chauffe et plus elle devient dure… (c'est comme ça l'acier) et donc difficile à affûter.
En ôtant les petites bavures avec la pierre, vous facilitez le passage de la lime et la carre reste tendre… toutes proportions gardées.

AU BOULOT
On commence par le côté semelle pour remettre la carre à plat. Vu ? L'idéal est de donner à la carre une différence d'angle d'un degré par rapport à la semelle. Il suffit d'enrouler le côté de la lime qui touche la semelle avec du scotch. Côté chant : il faut faire attention à ce que le champ de la planche ne vienne pas gêner l'affûtage et encrasser la lime. On peut le tomber en utilisant le bout carré de la lime comme un ciseau à bois.
Sinon la manip reste la même.
Pour juger de l'affûtage, il suffit que la lime glisse sans à-coups sur toute la longueur de la carre.
Un endroit où la lime accroche est signe d'un défaut de surface sur la carre.
Vous pouvez, pour terminer, passer la gomme sur l'extrémité des spatules pour éviter que celles-ci accrochent dans les courbes.
Quelques conseils de finition :
Si cet affûtage n'est pas très compliqué, ce n'est pas nécessaire de le faire tous les jours, ou vous allez bouffer complètement vos carres. Il vaut mieux entretenir que guérir et passer un petit coup de pierre pour maintenir le fil plutôt que d'attendre que les carres n'accrochent plus.
Si vous stockez votre board après un affûtage, pensez à passer un coup de fart à froid si vous ne voulez pas que la rouille attaque le métal très oxydable des carres.
LAVER SA WEAR
Par Brice Duhamel

Ça y est, vous êtes enfin équipé de pied en cap pour affronter les rigueurs de l’hiver.
Votre choix s’est porté sur une tenue claire et vous vous faites un peu de soucis quant aux taches de graisse, et vous n’osez vous asseoir de peur de salir votre arrière-train.
C’est vrai que le lavage est une opération à risque qui peu, si vous n’y prêtez pas attention, détruire à tout jamais les capacités respirantes et étanches de votre wear.
Voici donc quelques conseils d’entretien pour rester propre et au sec.

QUELQUES CONSEILS
Il ne faut pas attendre que votre tenue soit franchement sale avant de la laver. D’une parce que plus c’est crade et plus les taches sont dures à faire partir et puis à force de transpirer, vos effluves finissent par boucher les micropores du tissu. Votre transpiration ne s’évacue plus et vous restez tout humide de sueur à vous les geler.
Ivaut donc mieux laver que mariner...

EN MACHINE
Sur le lavage proprement dit, vous devez savoir que les tissus techniques supportenttrès mal deux choses : la chaleur et les enzymes gloutons. Le lavage doit donc être fait en machine sur le programme froid et jamais à plus de 30°. Pour la lessive, il faut impérativement en choisir une sans détergeant ni phosphate ; c’est trop agressif. De plus, il faut utiliser de petites doses de lessive. L’idéal est la lessive en paillettes de savon de Marseille. Faites attention, ça mousse pas mal et si vous forcez la dose, vous risquez de passez la nuit à éponger votre buanderie. Si vous avez des grosses taches - genre graisse de téléski - vous pouvez toujours les frotter avant avec du savon de Marseille. Bannissez les détachants avant lavage.

ET APRES ?
Dans tous les cas, vos fringues risquent de perdre leur pouvoir déperlant et paraître mouillées, car l’eau semble s’y infiltrer. C’est une fausse impression, seule la couche externe est humide, la membrane interne bloque toujours l’eau et vous maintien au sec.
Si vous décidez de réimperméabiliser votre wear soit avec des bombes soit par des bains spéciaux vendus dans les drogueries, elle retrouvera son beau déperlant, le produit utilisé va boucher les pores du tissu et l’empêcher de “respirer”. Certes, vous aurez une tenue étanche mais qui ressemblera un ciré de marin.
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